Rapport d’étape de janvier 2015

Introduction

Le bilinguisme officiel est une caractéristique déterminante fondamentale de la fonction publique du Canada. Il illustre nos valeurs à titre de fonctionnaires en faisant la promotion de l'engagement, de l'ouverture et de la transparence, sur lesquels repose le respect des personnes. La dualité linguistique sous-tend le travail d'équipe, l'apprentissage et l'innovation dans notre environnement de travail ainsi que dans l'ensemble de notre effectif. En octobre 2013, le Conseil du Réseau des champions des langues officielles a présenté des suggestions sur la façon dont il pourrait contribuer à la vision Objectif 2020. Ces idées reflétaient la conviction que le renforcement de la dualité linguistique au sein de notre effectif et de notre milieu de travail ne contribuerait qu'à mieux outiller la fonction publique pour servir la population canadienne dans le monde complexe, interconnecté et concurrentiel dans lequel nous vivons. Elles soulignaient également la nécessité de disposer de plus de latitude et de souplesse quant à notre façon de mettre en pratique le bilinguisme et de considérer les langues officielles, tout en reconnaissant que nous ne parviendrons pas à atteindre la fluidité linguistique à laquelle nous aspirons si nos efforts collectifs sont axés sur l'établissement de règles administratives et sur les procédures.

À la fin de 2013 et au début de 2014, des consultations au sujet des idées ci-dessus ont eu lieu avec des communautés d'intérêts, notamment le Réseau des jeunes fonctionnaires fédéraux et la Communauté nationale des gestionnaires, le personnel de direction et les chefs des ressources humaines, les représentants des langues officielles des organismes centraux, de même que les champions des langues officielles des ministères, des organismes et des sociétés d'État. Ces discussions ont permis de cerner plus de 40 mesures précises favorisant la dualité linguistique dans l'ensemble de la fonction publique, lesquelles ont été publiées sur GCpédia en février 2014.

Dans l'ensemble, ces mesures visent à exploiter la puissance de la dualité linguistique en tant qu'atout pour l'effectif permettant de stimuler l'innovation et la connectivité, de même qu'à réaliser le plein potentiel que représente une fonction publique bilingue à titre d'avantage concurrentiel pour le Canada dans un monde où plus d'un milliard de personnes communiquent en français ou en anglais. Elles concordent notamment avec les cinq thèmes prioritaires de Destination 2020. Il est impossible de faire passer la dualité linguistique au niveau supérieur dans l'ensemble de l'effectif de la fonction publique en limitant les efforts à la gestion des personnes, malgré toute l'importance que revêt cette fonction. Il importe tout autant de prendre des mesures relativement au réseautage, à l'habilitation, à la technologie et aux principes fondamentaux de la fonction publique afin d'en arriver à une fonction publique de classe mondiale dotée des outils nécessaires pour servir la population canadienne dans les deux langues officielles dès maintenant et au cours des années à venir.

Le présent document fait état des progrès réalisés sur le plan des langues officielles depuis février 2014 par rapport à chacun des cinq thèmes prioritaires de Destination 2020. Dans certains cas, où les travaux dépassent la portée et les responsabilités du Conseil du Réseau en soi, des progrès ont été réalisés, mais les efforts en sont encore à l'étape de la planification. Par exemple, le Conseil du Réseau des champions des langues officielles préconise le changement visant à moderniser le cadre des lois et des politiques et à simplifier les processus complexes qui régissent la façon dont la langue de travail et le bilinguisme sont administrés à l'heure actuelle au sein de la fonction publique. Toutefois, pour que des progrès soient réalisés dans ce domaine, des engagements envers le changement et des efforts coordonnés seront nécessaires de la part d'un large éventail de partenaires. Par ailleurs, d'autres mesures ont été prises. Elles démontrent que lorsqu'il est assuré par les employés eux-mêmes, le changement de culture se réalise à un rythme accéléré. Les fonctionnaires élaborent et utilisent des applications en ligne et des outils technologiques en vue de prendre en charge leur apprentissage linguistique en milieu de travail et d'explorer activement de nouveaux moyens stimulants de collaborer avec leurs collègues dans les deux langues officielles.

Pratiques novatrices et réseautage

Le Conseil du Réseau des champions des langues officielles vise d'abord et avant tout à promouvoir la valeur de la dualité linguistique au sein de la fonction publique. Destination 2020 nous a motivés à aller de l'avant et à exploiter le plein potentiel que représente l'utilisation de deux langues en milieu de travail. Il s'agit d'un vaste défi culturel qui exige un dialogue et un engagement permanents, de même que la promotion continue des nombreux avantages que revêt le bilinguisme pour l'effectif de l'ensemble de la fonction publique fédérale. Vous trouverez ci-dessous des exemples de mesures qui ont été prises afin d'accroître la sensibilisation, de favoriser l'engagement et de miser sur la collaboration pour promouvoir la dualité linguistique.

Le leadership par l'intermédiaire du dialogue et de la sensibilisation. L'une des principales priorités du Conseil du Réseau des champions des langues officielles et de ses partenaires consiste à favoriser le changement de culture par l'intermédiaire du réseautage et de la sensibilisation. Au cours de la dernière année, le Conseil du Réseau a organisé trois grandes activités de sensibilisation auxquelles ont pris part des participants sur place et en ligne au moyen de liens Web, notamment la discussion informelle tenue en septembre 2014, en collaboration avec l'École de la fonction publique du Canada (EFPC), afin de célébrer la Journée de la dualité linguistique et le 45e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada, était au rendez-vous, de même que d'autres dirigeants qui encouragent activement la dualité linguistique. En plus de faire part de leurs points de vue respectifs au sujet des avantages du bilinguisme, ils ont donné des trucs et des conseils sur la façon d'acquérir et de maintenir des compétences en langue seconde.

Au cours de la dernière année, le Conseil du Réseau a organisé trois grandes activités de sensibilisation auxquelles ont pris part des participants sur place et en ligne au moyen de liens Web, notamment la discussion informelle tenue en septembre 2014, en collaboration avec l'École de la fonction publique du Canada (EFPC), afin de célébrer la Journée de la dualité linguistique et le 45e anniversaire de la Loi sur les langues officielles. Le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada, était au rendez-vous, de même que d'autres dirigeants qui encouragent activement la dualité linguistique. En plus de faire part de leurs points de vue respectifs au sujet des avantages du bilinguisme, ils ont donné des trucs et des conseils sur la façon d'acquérir et de maintenir des compétences en langue seconde.

Les champions des langues officielles font la promotion active de la dualité linguistique en tant qu'impératif culturel au sein de leurs organisations. Par exemple, le champion des langues officielles au sein d'Affaires autochtones et Développement du Nord Canada a créé un réseau de 40 ambassadeurs des langues officielles bénévoles provenant de tous les secteurs et de toutes les régions du Ministère. Il facilite les activités et les initiatives conjointes visant à échanger des pratiques exemplaires et à faire progresser la dualité linguistique en milieu de travail partout au pays. De plus, un groupe responsable de la dualité linguistique sur GCconnex a été créé afin de promouvoir l'utilisation du français et de l'anglais dans le Ministère ainsi que le dialogue ouvert au sujet de la dualité linguistique. L'une des principales priorités, dont on fait largement la promotion dans les médias sociaux, les outils du gouvernement du Canada, les communiqués ministériels et les directions générales, consiste à utiliser la plateforme pour mobiliser les employés en leur proposant des défis amusants et interactifs (p. ex. un « bingo bilingue ») et en leur donnant des conseils issus de l'externalisation et des suggestions pratiques pour apprendre une seconde langue officielle en milieu de travail et maintenir les connaissances linguistiques acquises.

Engagement, collaboration et partage des ressources. Dans l'ensemble de la fonction publique, les ressources soutenant la dualité linguistique sont partagées, et les pratiques et approches novatrices sont renforcées afin de favoriser l'apprentissage d'une langue seconde et le maintien des connaissances linguistiques acquises. Par exemple, en septembre 2014, le Recueil de ressources sur les langues officielles 2014 a été lancé sur le site Web du Conseil du Réseau des champions des langues officielles afin de faciliter l'accès à plus de 450 outils et pratiques exemplaires sur les langues officielles élaborés par les ministères, les organismes, les sociétés d'État, les conseils fédéraux régionaux et les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Les institutions peuvent utiliser ces ressources directement ou s'en servir comme modèles pour promouvoir et faire avancer leur propre programme de langues officielles en milieu de travail.

L'Initiative de mentorat inversé, lancée par le Réseau des jeunes fonctionnaires fédéraux, a été élargie en septembre 2014 afin d'inclure les langues officielles et de permettre aux participants de bavarder avec un mentor de leur choix dans le but de parfaire l'usage de leur seconde langue officielle. Cette initiative, mise en place en collaboration avec le Conseil du Réseau des champions des langues officielles, permet à tout fonctionnaire qui souhaite devenir un mentor et aider d'autres personnes à s'exercer à parler dans leur seconde langue officielle d'indiquer ses coordonnées dans le répertoire national de mentorat du Réseau des jeunes fonctionnaires fédéraux. Tout fonctionnaire peut devenir un mentoré en communiquant avec un mentor dont le nom figure dans ce répertoire. À l'origine, l'Initiative de mentorat inversé du Réseau des jeunes fonctionnaires fédéraux a été mise sur pied afin d'aider les nouveaux utilisateurs de la technologie Web 2.0 et des médias sociaux à apprendre auprès des « natifs du numérique » – les personnes nées après 1980 qui ont grandi dans un environnement en ligne. L'inclusion des compétences en langue seconde est une prolongation naturelle du service d'apprentissage officieux puisque de nos jours, les nouveaux employés sont plus susceptibles que ceux des générations antérieures d'être outillés pour communiquer dans les deux langues officielles lorsqu'ils entrent au service de la fonction publique fédérale. Dans le contexte de Destination 2020, le Conseil du Réseau des champions des langues officielles et le Réseau des jeunes fonctionnaires fédéraux évaluent actuellement la possibilité d'offrir le mentorat inversé pour les langues officielles aux nouvelles recrues de la fonction publique afin de les aider à s'exercer à être fonctionnels dans un milieu de travail bilingue.

Processus et habilitation

La pleine exploitation de la dualité linguistique au sein de la fonction publique au profit du Canada et de l'ensemble des Canadiennes et des Canadiens suppose un changement de culture et une mentalité axée sur la langue de travail. Le principal défi consiste à ne plus traiter le bilinguisme comme une obligation afin de profiter activement des possibilités qu'il offre. Pour ce faire, des changements devront être apportés sur deux plans, d'une part sur le plan individuel, afin que chaque employé soit habilité à créer un milieu de travail bilingue dynamique et productif et à assumer une plus grande responsabilité quant à l'apprentissage de sa langue seconde officielle et au maintien des connaissances linguistiques acquises, et d'autre part, dans l'ensemble de la fonction publique, afin de créer des milieux de travail physiques et virtuels qui favorisent la dualité linguistique. Encore une fois, dans le contexte de Destination 2020, nous travaillons en collaboration avec toutes les communautés de pratique et les champions des langues officielles pour influencer et moderniser les politiques et les processus qui ont une incidence sur la façon dont la langue de travail est administrée.

Habilitation des employés

De nos jours, les employés peuvent acquérir et maintenir des compétences en langue seconde avec ou sans formation linguistique officielle. De nombreuses ressources d'apprentissage linguistique et de maintien des connaissances linguistiques acquises sont largement accessibles en ligne gratuitement ou à faible coût, notamment www.duolingo.com et mylanguageexchange.com. L'encadrement et le mentorat sont également offerts dans l'ensemble de la fonction publique. Dans ce contexte, le Conseil du Réseau des champions des langues officielles estime que le rôle le plus utile de l'employeur consiste à encourager la formation linguistique en tant que responsabilité partagée dans des environnements de travail propices à l'acquisition, à l'utilisation et au maintien des compétences en langue seconde. Pour ce faire, il faut notamment habiliter les employés à prendre en main leur propre apprentissage de leur langue seconde, à communiquer dans leur langue seconde au quotidien afin de maintenir les compétences linguistiques qu'ils ont acquises, et à s'assurer que les résultats de leur évaluation linguistique sont à jour. Dans le cadre de l'engagement des champions des langues officielles à l'égard de Destination 2020, les mesures et les initiatives suivantes démontrent les démarches qui ont été entreprises.

Auto-évaluation de la langue seconde afin de favoriser l'avancement professionnel et la mobilité. Le Bureau de la traduction, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC), en collaboration avec la Commission de la fonction publique, a réalisé au milieu de 2014 un projet pilote dans le cadre duquel près de 130 employés ont auto-évalué leurs compétences en lecture, en écriture et en communication orale dans leur seconde langue officielle. Les participants ont pu avoir une idée de la note qu'ils obtiendraient s'ils passaient les tests officiels de la Commission de la fonction publique. À la lumière des commentaires positifs reçus, le Bureau de la traduction est parvenu à organiser une formation linguistique économique et adaptée aux aspirations professionnelles visant à favoriser la mobilité d'une quarantaine de ses employés du personnel de soutien administratif. La formation, qui sera donnée de février à mai 2015, comporte des séances de groupe et des séances individuelles présentées par un animateur, de même que des cours en ligne donnés par l'EFPC.

Promotion de l'auto-apprentissage. La Commission nationale des libérations conditionnelles a acheté une licence de société permettant d'utiliser les applications logicielles de langue seconde For the love of English et Pour l'amour du français dans le cadre d'un projet pilote d'une durée de six mois qu'elle a lancé en octobre 2014 pour tous ses employés souhaitant maintenir et améliorer leurs compétences en langue seconde par l'intermédiaire de l'auto-apprentissage à temps partiel. Le logiciel contient des leçons de niveaux débutant à avancé qui concordent avec les niveaux A,  B et C, et il favorise une approche d'apprentissage souple pouvant s'adapter au moment, à l'endroit et au rythme qui sont les plus efficaces pour l'apprenant et qui conviennent le mieux à sa situation. Un portail en ligne permet également aux employés et à leurs superviseurs de suivre la progression des apprentissages. Si le projet pilote répond aux besoins des employés, la Commission prévoit le prolonger jusqu'en 2015-2016 et y inclure de nouvelles options, comme du temps de tutorat en ligne. D'autres organisations se servent également de la technologie de l'auto-apprentissage pour faciliter l'apprentissage d'une langue dans le contexte d'un effectif dispersé effectuant des heures de travail non traditionnelles. Les employés de la Commission canadienne des grains travaillent dans différents emplacements, notamment dans des bureaux ou des terminaux céréaliers, et plusieurs d'entre eux sont des travailleurs de quarts. Par l'intermédiaire du site Web Mango, ils ont tous accès à l'apprentissage en ligne, ce qui leur permet de faire leur apprentissage à leur propre rythme, au moment qui convient à leur charge de travail et à leur horaire.

Afin de faciliter l'apprentissage des langues par les employés dont la charge de travail évolue rapidement et rend difficile la présence régulière en classe pour suivre une formation à des heures fixes, le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a acheté un nombre limité de licences du logiciel Rosetta Stone® aux fins d'un projet pilote d'un an auprès d'étudiants en langues de niveaux débutant à intermédiaire. Le logiciel d'apprentissage linguistique assisté par ordinateur utilise des images, du texte, des sons et des vidéos pour enseigner le vocabulaire et la grammaire, au rythme choisi par l'apprenant. Selon le principe du « premier arrivé, premier servi », l'utilisation sera contrôlée et évaluée chaque trimestre en 2015, avec un nombre limité d'apprenants, avant que des décisions soient prises quant à la possibilité de le rendre plus largement accessible.

« En tant que Canadiens, nous devrions apprendre la deuxième langue non seulement par sens du devoir, mais parce qu'elle enrichit nos vies. Notre dualité linguistique est une partie intégrante de l'histoire et de la culture de notre pays, tout comme l'est notre identité en tant que nation. En notre qualité de fonctionnaire, je souhaite que nous puissions nous inspirer mutuellement à reconnaître le privilège d'apprendre une autre langue et de profiter des deux langues officielles en les utilisant quotidiennement dans notre milieu de travail. Au fur et à mesure que nous affinons notre vocabulaire et que nous devenons plus sophistiqués avec les langues, nous avons le sentiment d'avoir obtenu une clé vers une autre culture, vers une nouvelle musique et vers la littérature. Avouons-le, le bilinguisme est très cool! »

Shereen Benzvy Miller
Sous-ministre adjointe, Services axés sur le marché, le tourisme et la petite entreprise
Industrie Canada"

Renforcement de l'apprentissage d'une langue en tant que responsabilité partagée. En novembre 2014, la Commission de la fonction publique a fait part de son nouveau programme d'apprentissage de langues officielles conçu pour renforcer la responsabilité partagée des gestionnaires et des employés à l'égard de l'apprentissage d'une langue seconde et du maintien des connaissances linguistiques acquises. Les gestionnaires sont tenus de créer un environnement de travail propice à la promotion de la dualité linguistique, et on s'attend à ce que les employés qui occupent des postes bilingues s'impliquent dans le maintien et l'amélioration de leurs compétences en langue seconde. Le programme comprend des séances de groupe données sur place aux employés à raison de quatre heures par semaine pendant dix semaines, de même qu'une trousse d'outils contenant des ressources et des idées pour maintenir les compétences en langue seconde.

Au sein de Financement agricole Canada, on apporte actuellement des modifications aux plans d'apprentissage des employés afin d'y ajouter des engagements à l'égard d'une progression à un rythme précis par l'intermédiaire de modules d'apprentissage des langues, et les apprenants doivent passer moins de temps en classe à des heures fixes (jusqu'à deux heures et demie par semaine au lieu de quatre heures) et doivent consacrer au moins une heure aux devoirs en dehors des heures de travail. Le Conseil du Réseau des champions des langues officielles encourage cette pratique de premier plan, et il collaborera avec les champions des langues officielles afin de favoriser l'adoption de cette approche au sein de l'ensemble des ministères dans le cadre des plans d'apprentissage de 2015-2016.

Soutien des acquis linguistiques en milieu de travail. Bien souvent, les méthodes les plus simples et les plus directes sont les plus efficaces. Pendant le mois de décembre 2014, Construction de Défense Canada a lancé sa campagne « Aidez-moi à pratiquer le français/Help me practise English ». Dans le cadre de cette initiative volontaire, des pastilles ont été distribuées aux employés qui souhaitaient améliorer leurs compétences en langue seconde. Les employés bilingues sont encouragés à s'entretenir avec les employés portant les pastilles dans la langue qui y est indiquée. Une méthode similaire a été adoptée par le Bureau de l'enquêteur correctionnel. En plus de donner des conseils et des directives claires sur les ressources disponibles pour appuyer la formation en langue seconde, les services ministériels du Bureau de l'enquêteur correctionnel distribuent aux employés qui désirent pratiquer leur langue seconde des affiches de bureau sur lesquelles est indiquée la langue dans laquelle ils aimeraient que leurs collègues bilingues s'adressent à eux.

Efforts proactifs pour tenir à jour les résultats d'évaluation de langue seconde. Statistique Canada a lancé une stratégie globale visant à faire en sorte que tous ses employés qui occupent des postes bilingues aient des résultats d'évaluation de langue seconde à jour. Les directeurs sont responsables de l'élaboration de plans d'action pour leurs divisions. À moins d'être exemptés d'examens ultérieurs, tous les employés occupant un poste bilingue dont les résultats d'évaluation de langue seconde ont expiré sont invités à repasser les examens d'évaluation de langue seconde. Cela comprend les employés qui continuent d'occuper le même poste, afin de réduire un obstacle à la mobilité rapide lorsque survient l'occasion pour ces employés d'être mutés à un nouveau poste (c.-à-d. le fait de ne pas avoir de résultats d'évaluation de langue seconde à jour). La stratégie consiste notamment à fournir des exercices et des ateliers préparatoires sur l'évaluation de langue seconde, de l'auto-apprentissage, de la formation linguistique qui comprend des salles de classe virtuelles où les étudiants sont connectés par vidéoconférence à l'aide de WebEx, ainsi que des environnements de travail bilingues de soutien visant à favoriser le maintien de la langue seconde.

Le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement utilise son système de gestion des ressources humaines pour envoyer des avis automatisés aux employés lorsque les résultats d'une ou de plusieurs de leurs évaluations de langue seconde ont expiré. Dans sa politique ministérielle sur les langues officielles, le Ministère exige maintenant de ses employés qu'ils prennent les mesures nécessaires pour maintenir leur niveau de compétence dans leur langue seconde, et certaines directions générales ont consacré une journée par semaine à l'usage de la langue seconde officielle, une pratique qui a été mise en œuvre dans d'autres organisations.

Cadre administratif

La création d'un environnement en réseau ouvert et de milieux de travail virtuels propices à la productivité et à la dualité linguistique dans l'ensemble de la fonction publique est de plus en plus incompatible avec le cadre actuel des politiques, des pouvoirs liés aux programmes et des conventions collectives régissant la langue de travail, et, plus particulièrement, les contraintes imposées par les régions définies comme bilingues sur le plan géographique. Le potentiel considérable des nouvelles technologies pour alimenter les équipes de travail bilingues à haut rendement réparties dans différentes régions et exerçant leurs fonctions dans des milieux de travail virtuels ne se concrétisera pas pleinement tant que ce défi n'aura pas été relevé.

L'application de mesures provisoires est en cours. L'EFPC est en train de concevoir un cours sur la façon de diriger des équipes dispersées sur le plan géographique. Le Conseil du Réseau des champions des langues officielles en est également aux premières étapes d'un processus de regroupement des meilleures pratiques ministérielles, et il préparera un guide destiné aux organisations de la fonction publique qui portera sur la promotion de la dualité linguistique dans les environnements de réseau et les milieux de travail virtuels.

Depuis le lancement de Destination 2020, lorsque le Conseil du Réseau des champions des langues officielles a commencé à examiner des façons de moderniser la langue de travail, il a reçu régulièrement des commentaires concernant les obstacles perçus à la promotion des milieux de travail bilingues. La plupart de ces commentaires soulignent la nécessité de moderniser le cadre administratif et de mettre à jour la politique sur la langue de travail afin de respecter une multitude de règles et de processus complexes qui freinent actuellement les progrès. À titre d'exemple, dans le domaine de la dotation, lors d'entrevues visant des postes bilingues, les gestionnaires devraient être en mesure de s'entretenir avec les candidats dans les deux langues officielles plutôt que dans la langue choisie par le candidat, afin de confirmer que la personne peut communiquer dans les deux langues officielles. Les candidats qui posent leur candidature à des postes de direction ne sont pas tenus de respecter le profil linguistique du poste au moment où ils soumettent leur candidature, et en ce qui concerne les nouvelles recrues, le matériel de formation du Programme d'orientation à la fonction publique de l'EFPC contient très peu de messages portant précisément sur l'importance de la dualité linguistique.

Un autre thème relatif aux langues officielles qui revient dans les discussions associées à l'initiative Destination 2020 est la possibilité d'adapter la prime au bilinguisme. À l'heure actuelle, les bénéficiaires ne sont pas tenus de promouvoir activement la dualité linguistique, et les fonds affectés ne peuvent être utilisés pour compenser directement les coûts qui pourraient être engagés aux fins de l'acquisition de compétences en langue seconde. Dans le contexte de la gestion du rendement, il est également possible de renforcer la promotion de la dualité linguistique. On peut notamment demander que soient obligatoirement remplies les zones se rapportant aux langues officielles dans l'application de gestion du rendement de la fonction publique (Application GRFP), et adopter des indicateurs de comportement normalisés permettant d'évaluer et de renforcer le rendement de la direction au chapitre de la promotion du bilinguisme et de l'appui de la dualité linguistique dans le milieu de travail.

Les mesures suivantes ont été prises afin de commencer à pallier ces lacunes et à relever les défis dans ce domaine, et dans d'autres domaines.

Renforcement de la gouvernance pangouvernementale de la Politique sur les langues officielles. Le ministère du Patrimoine canadien, de concert avec le Bureau du dirigeant principal des ressources humaines du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et le ministère de la Justice, réalise actuellement un examen de la gouvernance de la Politique sur les langues officielles. Le Conseil du Réseau des champions des langues officielles a saisi cette occasion pour demander à jouer un plus grand rôle dans la gouvernance pangouvernementale afin de veiller à ce que les enjeux ayant une incidence sur la dualité linguistique dans l'ensemble de la fonction publique au niveau opérationnel soient traités et que, par l'intermédiaire de son réseau, les ministères aient à l'avenir un moyen d'exercer une influence directe sur l'orientation de la Politique sur les langues officielles. Cette démarche permettra notamment d'élargir les mandats des champions des langues officielles au sein des ministères et des organismes au-delà d'un rôle promotionnel, de manière qu'ils assument également un rôle stratégique et tactique qui leur permettra d'agir à titre d'agents du changement à l'appui de l'initiative Destination 2020.

Établissement d'options pour résoudre les problèmes liés à la langue de travail. Le président du Conseil du Réseau des champions des langues officielles rédige actuellement une proposition qui sera examinée par le greffier du Conseil privé et qui porte sur le lancement d'un processus d'harmonisation et de coordination des efforts dans l'ensemble de la fonction publique en vue de moderniser le cadre administratif régissant la langue de travail. L'objectif consisterait à se servir du Conseil du Réseau des champions des langues officielles comme mécanisme de mobilisation ministérielle à l'égard des problèmes liés à la langue de travail, afin de faire en sorte que les points de vue opérationnels des ministères et des organismes soient pris en compte lors de la définition des prochaines étapes et de l'établissement de possibilités de changement. L'objectif serait de terminer l'établissement de ces possibilités et la sélection d'un plan d'action à privilégier d'ici 2017, à temps pour le 150e anniversaire du Canada, en vue d'achever la mise en œuvre en entier d'ici 2020.

Technologie

L'utilisation des nouvelles technologies à l'appui de la dualité linguistique dans l'ensemble de la fonction publique revêt une importance stratégique plus grande que jamais compte tenu de la collaboration et du réseautage accrus entre les régions, de l'émergence des systèmes d'entreprise et des espaces de travail virtuels, et du regroupement et de la normalisation des fonctions administratives. Il s'agit d'un facteur clé des mandats des organisations de services partagés au sein desquelles la langue de travail doit logiquement transcender la distinction entre les régions bilingues et les régions unilingues. Ces organisations doivent veiller à ce que la prestation des services à l'ensemble de la fonction publique se fasse dans le respect des droits relatifs à la langue de travail des employés qui les utilisent, et des droits des Canadiens qui reçoivent ces services.

Parallèlement, les nouvelles technologies et applications pour appareils mobiles transforment non seulement l'apprentissage linguistique, mais également la façon dont l'information est utilisée dans le cadre professionnel, quelle qu'en soit la langue. Elles changent le point de mire de la traduction – auparavant axé sur l'éditeur et le distributeur – vers l'utilisateur final de l'information. Les documents officiels du gouvernement et les personnes qui font l'objet de poursuites auront toujours besoin de services d'experts en traduction et en interprétation, mais l'avancement rapide des technologies de traduction et de reconnaissance vocale signifie que dans un avenir rapproché, une grande quantité de renseignements pourront être traduits avec fiabilité et aisance par l'utilisateur final au niveau opérationnel au moment opportun, et ce, dans toutes les langues les plus couramment utilisées dans le monde, tant à l'écrit qu'à l'oral.

Les mesures et les initiatives suivantes démontrent que même si l'avenir recèle d'un grand nombre de possibilités stimulantes, des progrès sont déjà réalisés dans l'utilisation de la technologie pour favoriser la dualité linguistique dans l'ensemble de la fonction publique.

« Nous avons pu offrir des services de traduction simultanée au moyen d'outils novateurs. J'ai participé à la conférence tenue à Montréal et j'y ai constaté à quel point la réaction des participants était positive. Ce fut clairement là la démonstration de la nouvelle façon de faire les choses .»

Brian Mc Kee
Directeur exécutif Communauté nationale des gestionnaires

Utilisation de la technologie pour réduire les distances en interprétation. Le Bureau de la traduction, TPSGC, étudie continuellement le potentiel de nouvelles technologies qui permettraient d'améliorer la prestation de ses services à ses clients et de fournir ces services de manière plus efficiente, à un moindre coût. En collaboration avec le Conseil du Réseau des champions des langues officielles, le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et le ministère du Patrimoine canadien, le Bureau de la traduction a lancé un projet pilote d'interprétation à distance par vidéo au mois d'octobre 2014. Ce projet vise à fournir des services multilingues et des services d'interprétation gestuelle à distance, immédiatement, depuis n'importe où et en tout temps, grâce à la technologie de vidéoconférence sur Internet. Ces services ont été mis à l'essai trois fois en 2014, notamment lors d'une conférence du Conseil du Réseau des champions des langues officielles, d'un événement organisé par le Commissariat aux langues officielles et d'un forum virtuel de la Communauté nationale des gestionnaires et de l'EFPC.

 
Dans le cadre de ce forum virtuel, qui a eu lieu le 8 décembre 2014 et qui était intitulé « Leadership pour l'avenir », des participants de Montréal et de Québec ont été reliés à l'emplacement satellite de Bathurst ainsi qu'à 30 autres centres de consultation répartis dans l'ensemble du pays. Les interprètes du Bureau de la traduction, TPSGC, Krissi Michaud (gauche) et Carol Jackson (droite) procédaient à l'interprétation à partir de leur poste de travail respectif à Ottawa, et les participants les écoutaient simultanément à l'aide d'un casque d'écoute relié à leur téléphone cellulaire. Ce projet pilote a démontré les avantages associés à l'utilisation de technologies modernes dans le milieu de travail pour innover et collaborer avec les régions dans les deux langues officielles, à un coût nominal.

Le Bureau de la traduction cherche des moyens d'étendre l'offre d'une vaste gamme de scénarios opérationnels à un plus grand nombre de ministères, et ce, sur une plus longue période. L'objectif consiste à offrir un jour ce service dans l'ensemble des administrations et à répondre à n'importe quel type de besoins, des réunions d'affaires quotidiennes à la prestation de services axés sur les citoyens et aux consultations publiques, en passant par les conférences internes du gouvernement et les activités d'apprentissage. En donnant un accès étendu et facile à ce service, on pourrait réduire les frais de déplacement des interprètes et éliminer les coûts de location et d'installation de cabines d'interprétation, permettre aux utilisateurs fonctionnels d'accéder plus facilement aux services d'interprétation sur demande avec peu de planification; et renforcer considérablement la capacité à répondre aux exigences en matière de langues officielles d'une façon rentable.

Traduction automatique généralisée, fiable et de grande qualité. Un nouvel outil de traduction automatique est actuellement développé par le Bureau de la traduction et le Conseil national de recherches du Canada en vue d'un projet pilote. Conçu pour tous les postes de travail du gouvernement du Canada, cet outil, qui permet de traduire rapidement de courts textes, est alimenté par la base de données de contenu de traduction du Bureau, qui contient bien au-delà de trois milliards de mots. En outre, il permet de réduire les besoins liés à la traduction de documents administratifs internes – comme les notes de service et les exposés – par des ressources humaines, de même que les coûts afférents, ce qui favorise une plus grande utilisation des deux langues officielles dans le milieu de travail. La planification de l'intégration de la fonction de traduction aux plateformes de gestion du contenu du gouvernement du Canada (p. ex. GCDocs) est également en cours; elle est dirigée par le Bureau de la traduction, en collaboration avec Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, la Direction du dirigeant principal de l'information du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et Services partagés Canada. De concert avec les dirigeants du Conseil du Réseau des champions des langues officielles, le Bureau de la traduction travaille avec Services partagés Canada et le dirigeant principal de l'information de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada à l'élaboration d'une stratégie visant à équiper les ordinateurs de bureau, les tablettes et les téléphones intelligents dans l'ensemble de la fonction publique de cet outil, de même que d'autres outils linguistiques axés sur la technologie et adaptés aux activités et aux besoins en matière de langues officielles du gouvernement du Canada, y compris le Portail linguistique du Canada et TERMIUM Plus® , la banque de données terminologique et linguistique de classe mondiale du gouvernement du Canada. Par ailleurs, l'utilisation de services de traduction automatique accessibles au public à l'extérieur de l'infrastructure de technologie de l'information du gouvernement du Canada, comme Google Traduction, est assujettie aux lignes directrices en matière de sécurité de l'information et est restreinte aux renseignements non protégés. Lorsque la fonction de traduction sera disponible pour tous les appareils sur les plateformes du gouvernement du Canada, et ce, pour l'ensemble du contenu, protégé ou non, tous les fonctionnaires seront à même de participer à l'élargissement de la gamme de données terminologiques contenues dans la base de données de contenu de traduction du gouvernement et de renforcer son utilité et son intégrité.

Évaluations orales en langue seconde automatisées effectuées au moyen de la reconnaissance vocale. Lors de la conférence annuelle des champions des langues officielles d'octobre 2014, les participants ont appris la mise sur pied d'un programme d'évaluation des connaissances linguistiques prometteur de la Société Radio-Canada/CBC misant sur un logiciel de reconnaissance vocale pour évaluer la compétence orale. Cet outil pourrait devenir une solution pangouvernementale à faible coût qui offre des résultats immédiats et utilise une logistique simple pouvant reconnaître plusieurs accents. Le Conseil du Réseau des champions des langues officielles a établi un partenariat avec Travaux publics et Services gouvernementaux Canada en vue de créer une offre à commandes qui permettra aux ministères et aux organismes d'accéder à cette technologie dans le cadre d'un projet pilote plus vaste en prévision des évaluations orales en langue seconde officielles.

Gestion des personnes

Par définition, la responsabilité première de tout gestionnaire ou superviseur consiste à diriger et à gérer des personnes. Dans toute entreprise moderne et axée sur le savoir, la gestion efficace des personnes est le facteur décisif de la productivité et de l'efficacité de l'effectif. Compte tenu du caractère essentiel du bilinguisme pour le Canada et de notre identité en tant que Canadiens, un effectif compétent, confiant et très performant au sein de la fonction publique se doit être un effectif dans lequel la dualité linguistique est florissante, et où le bilinguisme favorise la connexité, la génération d'idées, l'échange de connaissances et la collaboration.

Aucune bonne idée, aucune vision révélatrice, ni aucun concept novateur ne devraient être perdus ou compromis parce que le soumissionnaire peine à se faire comprendre ou à trouver les bons mots. Les superviseurs, les gestionnaires et les cadres supérieurs doivent s'efforcer de créer des milieux de travail, y compris les milieux de travail virtuels, propices à la dualité linguistique et permettant aux employés de travailler de manière productive, sans difficulté et, surtout, en collaboration, dans les deux langues officielles. Les exemples suivants illustrent la façon dont les ministères et les organismes trouvent de nouvelles façons de mieux équiper les gestionnaires pour qu'ils créent des environnements de travail bilingues propices à la productivité et qu'ils soutiennent les employés dans l'acquisition de compétences en langue seconde et le maintien des acquis.

Soutien des gestionnaires pour les aider à s'acquitter de leurs responsabilités en matière de langues officielles. Emploi et Développement social Canada (EDSC) est un chef de file dans l'élaboration de ressources visant à orienter les gestionnaires et les superviseurs et à les aider à s'acquitter de leurs responsabilités en matière de gestion des personnes. Les outils de gestion des personnes d'EDSC dans le domaine des langues officielles, qui sont tous disponibles dans le Recueil de ressources sur les langues officielles 2014 sur le site Web du Conseil du Réseau des champions des langues officielles, servent de modèles pour la planification, l'établissement et le maintien d'une capacité bilingue au sein de n'importe quel effectif de la fonction publique. Au nombre de ces outils, mentionnons un tableau regroupant tous les facteurs que doivent prendre en compte les gestionnaires au moment de cibler les exigences linguistiques des postes, d'établir les profils linguistiques des postes bilingues, et de déterminer le nombre de postes bilingues requis afin de disposer de la capacité nécessaire pour fournir des services au public et des services ministériels. EDSC a également publié le document intitulé Principes directeurs fondamentaux relatifs aux langues officielles, à la planification des ressources humaines et aux activités de dotation, lequel renferme des conseils destinés aux gestionnaires afin de garantir que leurs stratégies et leurs plans d'action en matière de ressources humaines tiennent compte des obligations ministérielles et des droits des employés à l'égard des langues officielles.

"« Le Bureau de la traduction a pour objectif de permettre aux fonctionnaires et aux Canadiens de communiquer facilement et aisément dans la langue de leur choix en leur offrant les outils utilisés par nos langagiers qualifiés. Nous souhaitons stimuler l'imagination et éliminer les obstacles à la collaboration. L'orientation d'Objectif 2020 nous a incités à innover! »

- Nancy Gauthier
Directrice, Réingénierie stratégique Bureau de la traduction,
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada."

Pour les employés bilingues, le maintien des niveaux de compétence dans les deux langues officielles peut être très difficile dans les domaines où la charge de travail bilingue est limitée. Lors d'une réunion récente du Conseil des gestionnaires de l'Ontario de l'Agence du revenu du Canada, les gestionnaires ont relevé diverses initiatives et stratégies visant à promouvoir l'utilisation des compétences en langue seconde au travail pour aider les employés bilingues à maintenir leurs niveaux de compétence en langue seconde liés à leur emploi.

Leadership des politiques ministérielles sur les langues officielles. En 2014, la Société canadienne d'hypothèques et de logement a mis à jour sa politique sur les langues officielles afin de mettre en œuvre une idée des employés, qui visait à donner de la formation linguistique aux employés occupant des postes unilingues pendant les heures de travail. La politique mise à jour démontre l'engagement de la Société à aider tous les employés à acquérir des compétences en langue seconde, à maintenir et à améliorer ces compétences aux fins de perfectionnement professionnel. Ressources naturelles Canada a adopté une nouvelle directive sur la formation linguistique en 2014, laquelle rend les employés responsables du maintien et de l'utilisation des compétences en langue seconde acquises dans le contexte de leur travail. Les employés doivent conclure avec leur gestionnaire une entente qui précise les attentes mutuelles avant, pendant et après la formation linguistique, et établir avec leur gestionnaire un plan de transfert des compétences linguistiques à leur retour au travail. En outre, le Ministère appuie activement l'autoformation linguistique, notamment en offrant aux employés un service de consultation qui peut les aider à établir leur plan d'apprentissage linguistique et un accès à des outils d'évaluation et d'auto-apprentissage, à de l'équipement et à du soutien à l'enseignement, au besoin.

Suivi des dates d'expiration des résultats aux évaluations de langue seconde. En vertu de la nouvelle Directive sur la gestion du rendement, et avec l'appui du Bureau du dirigeant principal des ressources humaines, les gestionnaires de l'ensemble de l'administration publique centrale sont maintenant tenus d'établir des ententes de rendement annuelles avec chacun de leurs subordonnés directs, de même que de fournir des directives, de l'encadrement et du soutien continu pour aider les employés à atteindre leurs objectifs de rendement. Il est obligatoire d'effectuer des examens semestriels afin de vérifier que les employés sont sur la bonne voie, ainsi que d'évaluer et de noter le rendement des employés à la fin de l'exercice. Afin d'assurer le respect de ces exigences et d'automatiser le travail à effectuer, dont le regroupement des données aux fins d'établissement de rapports, le Bureau du dirigeant principal des ressources humaines a conçu et lancé l'application GRFP. Cette application comporte plusieurs zones facultatives de l'entente de rendement qui se rapportent aux langues officielles, comme les dates d'expiration des résultats de l'employé à l'évaluation de langue seconde, ce qui aidera les employés à être au fait de ces renseignements. Le Conseil du Réseau des champions des langues officielles encourage les ministères à utiliser ces zones et étudie, de concert avec les partenaires, la possibilité qu'elles deviennent obligatoires. Entre autres choses, cela permettrait de prévoir avec plus d'exactitude la demande pour des services d'évaluation de langue seconde dans l'ensemble de l'administration publique centrale afin de mieux gérer l'offre. Veiller à ce que tous les employés sachent à quel moment ils doivent agir pour maintenir leur niveau de compétence linguistique, et offrir un accès rapide aux services d'évaluation des connaissances linguistiques : voilà deux mesures qui permettraient de renforcer l'intégrité des exigences liées à la langue de travail, de faciliter la mobilité des employés et d'aider les employés à prendre les rênes de leur propre carrière.

À cette fin, le Conseil du Réseau des champions des langues officielles a invité, le 18 mars 2014, les champions et les cochampions des langues officielles ainsi que les personnes responsables des langues officielles et les coordonnateurs nationaux responsables de l'application de l'article 41 de la Loi sur les langues officielles (soutien des communautés de langue officielle en situation minoritaire et promotion de l'anglais et du français) au sein des institutions à participer à une discussion en groupe ayant pour thème « Gestion du rendement 2014 – Les dates limites arrivent à grands pas – Nos efforts en matière de langues officielles sont-ils suffisants? ». Cette séance d'information fut l'occasion pour les participants d'en apprendre davantage sur ce que feraient les ministères pour mettre en œuvre la Directive sur la gestion du rendement et mobiliser les champions des langues officielles dans le but d'encourager leurs organisations à utiliser les zones se rapportant aux langues officielles dans l'application GRFP.

Principes fondamentaux de la fonction publique

Ce que les fonctionnaires pensent de leur organisation a une incidence sur la manière dont les Canadiens perçoivent la fonction publique et son attrait pour les talents de classe mondiale. L'opinion que les employés ont de la liberté avec laquelle ils sont en mesure de faire leur travail dans la langue officielle de leur choix constitue un indicateur important de l'état et de la santé des politiques et des programmes sur la langue de travail. L'efficacité de ces programmes contribue à la réputation globale de la fonction publique et à la confiance des Canadiens dans sa capacité et son engagement à offrir des services au même niveau d'excellence dans les deux langues officielles.

Promotion de la dualité linguistique au moyen de meilleurs renseignements sur l'opinion des employés à l'égard des politiques et des programmes sur les langues officielles. Le Conseil du Réseau des champions des langues officielles a mis sur pied un groupe de travail chargé d'examiner les questions concernant les langues officielles dans le Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux en prévision du sondage de 2014. Dans le sillage de ces travaux, et avec l'appui du Secrétariat du Conseil du Trésor Canada, une nouvelle question a été ajoutée pour demander aux employés s'ils sont d'avis que les président(e)s de rencontre au sein de leur organisation (et non pas seulement leur superviseur(e) immédiat(e) ou leur unité de travail) créent un environnement où ils se sentent libres de s'exprimer dans la langue officielle de leur choix durant les réunions. Avec cette nouvelle question, un total de six questions sur les langues officielles figurent dans le Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux de 2014. Cinq de ces questions peuvent être utilisées pour déterminer et analyser les tendances au cours des trois cycles du Sondage (c.-à-d. 2008, 2011 et 2014). Par l'intermédiaire de son groupe de travail, le Conseil du Réseau des champions des langues officielles analysera les résultats du Sondage à la suite de la diffusion des résultats de 2014 en janvier 2015, afin de mieux comprendre les tendances et les problèmes liés à l'utilisation plus généralisée des deux langues officielles dans le milieu de travail. Cette analyse aidera le Conseil du Réseau à peaufiner ses mesures et ses stratégies de renforcement du bilinguisme dans l'ensemble de la fonction publique.

Prochaines étapes

Depuis février 2014, le Conseil du Réseau des champions des langues officielles tient des discussions productives avec les champions des langues officielles des ministères et bon nombre d'autres intervenants et communautés d'échange de pratiques au sujet des problèmes complexes liés à la langue de travail. Il est évident que la promotion de la dualité linguistique dans une fonction publique de plus en plus connectée et virtuelle exige des efforts concertés et coordonnés. Une approche stratégique est nécessaire pour réaliser des progrès démontrables en tirant profit de la dualité linguistique comme atout pour l'effectif, avec des résultats définis et des produits livrables concrets, en vue de trouver une solution à ce qui suit, notamment :

Pour ce faire, le Conseil du Réseau des champions des langues officielles sollicite un mandat afin de commencer au début de 2015-2016 à travailler au nom des champions des langues officielles des ministères et des organismes, ainsi que des experts partenaires en politique sur les langues officielles, des fournisseurs de services linguistiques et des dirigeants des activités au sein de la fonction publique qui gèrent des équipes bilingues dispersées. L'objectif consisterait à trouver des moyens de résoudre les problèmes relevés et de favoriser la dualité linguistique à l'aide d'un cadre administratif modernisé axé sur l'atteinte des résultats qui promeut des milieux de travail bilingues, axés sur la technologie et à haut rendement dans l'ensemble de la fonction publique. Nous prévoyons élaborer une stratégie, y compris un certain nombre de mesures et de produits livrables concrets, à temps pour le 150e anniversaire du Canada en 2017, et procéder à la mise en œuvre complète d'ici 2020.

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